Réveil matinal (5h) pour regagner
Erzurum à l'est de la Turquie. Les enfants dorment, le soleil se
lève et les cheminées de fée de Cappadoce laissent très vite la
place aux montagnes désertiques teintées de couleurs minérales, vert
de gris, rouge et marron.
A notre arrivée à Erzurum, le
froid, la pluie et les tchadors beaucoup plus nombreux nous
laisseraient presque croire que nous avons changé de pays. Nous
pensons tout bas, pourvu que nos visas iraniens soient arrivés ! Il
faut attendre demain lundi pour nous rendre au consulat. Nous
choisissons la petite station de ski de Palandöken pour bivouaquer
et c'est bien au chaud, tous les 4 confinés dans Topette que nous
passons cette froide soirée.
Le lendemain matin, j'enfile mon
"déguisement" iranien et sans trop de surprise, nous constatons que
le consulat d'Istanbul n'a rien envoyé. Ils nous annoncent en plus
que le lendemain est férié ! La course contre la montre est lancée,
nous VOULONS nos visas avant 17h30, heure de fermeture. Appels
téléphoniques, fax, attente, banque, taxi ...je fais le sitting avec
les enfants dans le consulat, le temps passe ... et, 17h15, Benoît
revient avec l'attestation de paiement de la banque...18h, nous
ressortons du consulat visas en main, VICTOIRE !
Nous pouvons maintenant avancer
vers le Mont Ararat (5137m) et Dogübayazit près de la frontière.
Topette roule dans les paysages grandioses de montagnes et haut
plateaux, nous avons la sensation grisante d'être seuls au monde.
A Dogübayazit, nous dressons le
camp sur le parking d'un restaurant au pied du Palais d'Ishak
Pacha, perdu au milieu de montagnes immenses. Un peu cubique vu de
l'extérieur, ce Palais se révèle être un vrai bijou à l'intérieur,
nous sommes subjugués par la beauté des lieux.
Nous passons notre dernière nuit en
Turquie, au pied du Mont Ararat, dans un tout petit village kurde de
8 à 10 maisons. Nous sommes invités à boire le çay dans une de ces
petites maisons sommaires. La pièce principale est meublée d'une
télévision, 4 fauteuils et un canapé autour d'un grand tapis. On
nous prie de nous asseoir dans 2 des fauteuils pour faire face au
père et à la mère de famille, tandis que les 7 enfants de la famille
s'entassent sur le canapé. Titouan et Jade, eux, préfèrent les
jambes de papa et maman ! Dictionnaire, langage des mains et patience
nous permettent d'échanger un peu, suffisamment pour faire
comprendre que nous aimerions faire une photo. Les 2 jeunes filles
de 18 et 20 ans s'éclipsent et en l'espace d'une seconde reviennent en tenues de "princesses" sans le voile ! Jade est bluffée
!
Nous avons passé une nuit paisible
devant leur petite maison et le lendemain, oh sacrilège, nous avons
dû abandonner, sur un parking, notre dernière bouteille de chinon
pour passer la douane iranienne sans alcool !
