De Pamukkale, nous
faisons route vers la côte méditerranéenne. Nous traversons une
Turquie très rurale, les femmes en salvar (pantalon bouffant)
travaillent aux champs. Topette double les tracteurs transportant
femmes et enfants dans la remorque. Puis, soudain, changement de
décor, nous arrivons sur la côte.
A certains
endroits, ce n'est qu'une succession de bars, restaurants,
résidences touristiques et ailleurs, là où la nature prend le dessus
et ne permet pas de construire, la côte reste inoccupée et nous en
prenons plein les yeux. Les enfants, eux, trépignent d'impatience
... "c'est quand qu'on va se baigner?"
Notre intermède
farniente, à profiter des eaux turquoises à 30°C aura surtout été
marqué par la découverte de 2 petits coins de paradis qui
heureusement existent encore sur cette côte splendide.
C'est ainsi que
nous sommes arrivés un jour au "bout du monde", une route sans issue
surplombant une magnifique petite baie encaissée entre les
montagnes. La plage en contrebas est à 25 mns de marche par un
sentier étroit et rocailleux, nous attendrons demain pour aller nous
baigner.
Le lendemain, après
une bonne descente, nous sommes accueillis par des mamies Turques
qui nous offrent de belles tranches de melon bien juteuses, fort
appréciées par nos gosiers desséchés. Ensuite, nous allons de
découverte en découverte. D'abord, la plage paradisiaque, ensuite,
les possibilités d'hébergement où on prône le respect de la nature
(plutôt rare en Turquie), cabanes dans les arbres complètement
dissimulées dans la nature et enfin, nous faisons la rencontre de 3
musiciens Français fort sympas qui troquent spectacle contre lit et
couvert.
Nous voilà arrivés
dans un de ces rares endroits d'où on ne veut plus repartir et notre
journée plage s'est transformée en 4 jours de plénitude. Les enfants
partagent leur séance quotidienne d'école sous la treille avec les
petites filles de la pension, ils participent à la confection du
pain bio et réalisent des oeuvres artistiques sur la plage avec leur
copain Deniz. Bains de mer, farniente sur les plateformes de
coussins et concerts nocturnes rythment nos journées!
Vous n'allez quand
même pas croire que nous allons citer sur internet le nom d'un tel
endroit... Sur les lieux, une pancarte indique : "Please, don't tell
anybody the name of this place"!!! (pour ceux qui ne
parleraient pas anglais: "svp ne donnez à personne le nom de cet
endroit").
Un peu plus loin
sur la côte, nous nous posons quelques jours dans un
endroit également très paisible d'où nous pouvons faire la visite du
site de Phasélis à pied. Titouan se fait un plaisir d'escalader les
restes de la cité lycienne. Les poissons peu colorés mais peu
farouches nous rendent la tâche difficile quand nous parlons
d'ouvrir les cahiers ! Et chaque soir, nous contemplons le coucher
de soleil derrière les montagnes depuis la mer à 33°C...
Nous en avons
pleinement profité mais maintenant nous aimerions goûter à la
Turquie de l'intérieure. Topette reprend la route, direction la
Cappadoce à 700 kms de là.
Nous sommes surpris
par la qualité du réseau routier turc pour le moment irréprochable,
ça nous change des nids de poules bulgares. Dans les
surprises, il y a aussi le coût de la vie qui a considérablement
augmenté depuis notre précédent voyage en 95. A titre d'exemple, le
litre de gasoil coûte 1€20 (autant vous dire que notre budget
essence explose) et le loyer d'un studio à Istanbul 450€. Les abords
des villes sont dotés comme chez nous de centres commerciaux et les
immeubles flambant neufs poussent comme des champignons et en
général ça va de pair avec une mosquée. Pour son entrée dans
l'Europe, si elle devait avoir lieu, il ne fait pour nous aucun
doute que la Turquie est bien plus en avance que sa voisine Bulgare.