Nous avons traversé le Turkménistan en
deux jours mais le peu qu'on ait vu mérite quelques lignes. Dès
l'entrée à la frontière, rien n'encourage à s'attarder dans le pays.
Nous sommes assommés de taxes à payer et de paperasseries (pas moins
de 17 reçus). Au final, cinq heures d'attente par 45° à l'ombre et
210 USD en moins dans le porte-monnaie.
Quelques kilomètres après la frontière
il faut passer un pont et encore une fois il faut sortir 40 USD. Là,
ça devient surréaliste, on nous demande 40 USD supplémentaire pour
la photocopie du document délivré à la frontière. Étrangement,
personne autour de nous ne présente une copie du document en
question. Le tout est très bien orchestré et on nous propose un taxi
pour aller en ville qui prendra sa commission au passage ! Ça
commence à faire vraiment trop, il faut arrêter de nous prendre pour
des C... ! Aucun argument ne les fait fléchir, pas même celui des
enfants qui crament au soleil. Benoît et Vincent partent avec
Topette et reviennent avec une photocopie qui a coûté 0,20 USD.
Nous pouvons enfin rouler un peu pour
avoir de l'air...tellement chaud qu'on se croirait sous des
sèche-cheveux. Le sable du désert nous renvoie toute la chaleur
accumulée pendant la journée, heureusement nous trouvons un bivouac
le long d'un canal. Les enfants dévalent les dunes de sable pour se
jeter dans l'eau, un rafraîchissement bien mérité après ce maudit
passage de frontière.
Nous savions par nos lectures que le
président Niazov qui s'était renommé Turkmenbachi, avait un sérieux
penchant pour le culte de la personnalité mais nous ne nous
attendions quand même pas à voir sa photo PARTOUT ! Son visage,
faussement bienveillant, trône sur les façades d'immeubles, devant
les stations service, sur le bord de la route et évidemment sur tous
les bâtiments officiels. Décédé il y a quelques mois, on pouvait
espérer un peu de changement avec l'arrivée de son successeur mais
malheureusement ça n'a pas l'air d'être le cas.
Un
nouveau soucis mécanique sur le camion des Duduch (fuite d'eau du
radiateur) nous amène à modifier notre route. Vincent et Benoît
bricolent une "perfusion" pour Obélix, une bouteille d'eau entonnoir
fixée au rétroviseur reliée au radiateur par un tuyau. Dans le
désert et dans un pays comme le Turkménistan où il ne faut surtout
pas rester en panne, on emploie les grands moyens ! Claire a
maintenant pour mission d'alimenter Obélix en eau, et il est
gourmand le bougre ... 1 litre d'eau toutes les 15 mns !
A la frontière, nous avons dû indiquer
notre parcours et les autorités nous ont délivré une feuille de
route que nous ne pouvons modifier sans l'autorisation de la police.
Il nous faut à tout prix obtenir cette autorisation. A Mary, Vincent
et Benoît sont reçus dans un premier bureau avec une bière et des
boulettes de fromage séché. Ça commence plutôt bien mais nous ne
sommes pas au bon endroit, quelqu'un nous conduit à l'immigration où
une personne parle anglais. Le gars fort sympathique fait de son
mieux et nous avons notre feuille de route modifiée 3 heures plus
tard. Nous gagnons 2 jours de route.
Nous filons vers la frontière la plus
proche et quittons le Turkménistan dès le lendemain matin.
Hormis aux frontières, nous
retiendrons que les Turkmènes ont tout fait pour nous aider et
qu'ils ont l'air très accueillants.