Accueil - Itinéraire

 

  Notre Projet

 

    L'équipage

 

    Le Véhicule

 

   Carnet de route

 

   Coin Ecole-Carnet des Enfants

 

   Photos

 

   Nos coups de coeur-Nos coups de blues

 

   Nous contacter

 

 

 

 

 

Carnet de route

Pakistan - Octobre 2005 - Taftan-Quetta-Islamabad

 carnet précédent << 

>> Carnet suivant

Nous entrons au Pakistan après 4 mois et demi de voyage et 13000 kms depuis la France. Nous nous sentons bien et les enfants ne montrent aucun signe de lassitude. Bien au contraire, ils ont de l’énergie, semblent très épanouis et ils sont maintenant habitués à l’heure quotidienne d’école. Topette, lui, est toujours un fidèle compagnon de route.

 

A notre entrée au Pakistan, le 1er octobre, bonne nouvelle, nous apprenons que la date limite du 18 octobre figurant sur notre visa correspond à la date limite d'entrée dans le pays et non pas à la date limite de sortie comme on nous l'avait dit en France. On espère avoir la même version à la sortie, sinon c'est la prison directe ! Nous avons donc 30 jours devant nous pour visiter le Pakistan et une montée vers la célèbre Karakoram Highway est désormais envisageable.

Dès l’entrée au Pakistan nous nous trouvons nez à nez avec un de ces magnifiques camions, véritables oeuvres d’art. Titouan est en admiration et réussit à se mettre au volant d’une de ces formidables machines.

 

La route Taftan-Quetta, 650 kms, est celle que nous redoutons le plus. Nous sommes au cœur du désert du Baloutchistan où les tribus fonctionnent selon leurs propres lois. Après une nuit à Taftan sur le parking d'un hôtel peu avenant mais avec un garde armé, nous prenons la route aux aurores avec l’espoir d’atteindre Quetta le soir même. Sur cette route, dunes de sable, désert de pierres et montagnes arides se succèdent. Il nous faut parfois ralentir pour laisser passer un groupe de chameaux pas pressés !

Même en plein désert, il faut vite se mettre à la conduite Pakistanaise car les camions sont nombreux et la route est souvent étroite. Si il y a bien une chose qu’il fut judicieux d’installer sur Topette, c’est un klaxon puissant. Je retrouve les méthodes de conduite indiennes, le jeu consiste à rester bien au milieu de la route, faire des appels de phares et se ranger (sur la gauche ici) le plus tard possible. Cette "technique d'intimidation" évite de rouler en permanence sur les bas côtés fatals pour les pneus. Nous nous relayons avec Martin pour ouvrir la route. Notre progression est honorable et nous arrivons à Quetta vers 19 h, exténués et Topette avec quelques placards à renforcer. Il nous faut faire encore un petit effort pour éviter les vélos, les mules, les motos, les camions, les bus et les piétons de nuit.

Quetta est une ville très conservatrice, sur les 650 kms, nous n'avons vu que 2 femmes ! Nous ne sommes plus en Iran mais le port du voile s'impose de lui même.

Titouan et Jade découvrent les richshaws,  pour eux c'est encore mieux qu'un tour de manège ! Debout à  l'arrière, accrochés aux barreaux, ils se prennent pour les pilotes !!!

 

Pour rejoindre Islamabad, trois routes s’offrent à nous. La route nord est impraticable et fortement déconseillée pour des questions de sécurité. La route centrale est la plus courte mais n’ existe, à priori, que sur la carte. Prendre cette option revient à  infliger de très dures conditions de route à Topette. Nous prenons donc l’option sud. 1450 Kms nous attendent mais nous ne serons pas seuls…

La première journée, nous progressons doucement mais sans problème particulier. Le spectacle de la route se suffit à lui même. Chaque heure qui passe nous offre une situation rocambolesque souvent liée à la circulation et au transport de marchandises ! Motorisé ou non d’ailleurs.

A la tombée de la nuit, nous nous arrêtons à un poste de police pour dormir. Après avoir parlementé pendant 1 heure avec des policiers ayant probablement trop fumé la ganja, nous décidons de rester là. Le lendemain matin, au moment de partir, les policiers nous font signe d’attendre. Jade et Titouan dorment toujours et nous n'avons pas du tout envie qu'ils se réveillent, donc nous filons. Deux heures après nous sommes suivis par une voiture de police qui nous double et qui nous fait comprendre de rester derrière elle. Nous comprenons à ce moment que nous sommes sous escorte policière.

Chaque 50 Kms le relais se fait avec une nouvelle équipe et une nouvelle voiture. L’organisation est parfaite et nous ne nous arrêtons même pas à chaque relais. On se croirait dans un 4 fois 100m. Sur la route c’est digne d'un James Bond, sirène retentissante, nous doublons tout le monde et ceux qui se trouvent sur notre passage sont sommés de se ranger. Même si nous en rions souvent, cette attitude nous déplaît fortement. Le soir nos policiers nous dirigent vers un hôtel pour dormir en toute sécurité. Nos gardes veillent  toujours sur nous et surveillent nos faits et gestes toute la nuit.

Le lendemain matin nous décidons de partir vers 6h. Nos compagnons de route sont là,  prêts à partir. La quatre voies qui doit nous mener à Multan est à  5 Kms mais nos petits amis ont décidé d’emprunter les chemins de traverse. Certes, on s’est habitué aux routes défoncées mais nous ne pouvons pas laisser passer l'occasion d'emprunter une des seules 4 voies du pays. Appels de phares, klaxon, puis explications, rien n’y fait, ils continuent... Je commence à m’énerver alors qu’il n’ est que 7h. Non mais ! En les ignorant, je décide de faire demi-tour pour rejoindre la bonne route. Ils nous rattrapent, nous redoublent, visiblement furieux, mais ils se plient à nos désirs.

A Multan, nous trouvons refuge dans le parc de la police, toujours eux, normal nous sommes dans un pays dirigé par l’armée…. Charité bien ordonnée commence par soi même, nous sommes dans un parc magnifique au coeur de la ville. Un garde armé veillant sur nous, jour et nuit ! Nous avons quand même pu négocier de nous promener seuls dans Multan ! Ursula étant malade, nous décidons de rester une journée à nous reposer et à jouer un peu avec les enfants. Depuis l'Iran, ils avalent les kilomètres sans trop de problèmes mais  la pause est bienvenue pour tout le monde.

Au petit déjeuner nous sentons Topette bouger comme si quelqu’un se balançait sur le pare-choc. Les policiers sont sortis des bureaux, nous en déduisons que la terre a tremblé sans y prêter plus d’attention et personne ne nous signifie quoi que se soit.

Titouan et Jade sont très contents d'avoir des copains policiers mais de notre côté, nous trouvons leur présence plutôt pesante. Nous tentons une visite chez le grand chef de la police pour essayer de nous débarrasser de cette présence policière 24h./24 . Il nous reçoit fort aimablement, passe un coup de fil et nous précise que les ordres viennent du gouvernement et que nous serons accompagnés jusqu’à Islamabad. A la question, " comment se débarrasser d’eux?", il nous répond en souriant, "vous les semez ". A bon entendeur, salut. Avec Martin, nous décidons d’annoncer notre départ du lendemain pour 6h30 alors que nous voulons partir à 5h30. Le lendemain, 5h30, on file discrètement devant notre pauvre garde qui tente en vain de nous arrêter. Deux heures de liberté et soudain une voiture bleue nous double à toute allure, 500m plus loin un barrage de police nous attend. Nous sommes accueillis par quatre véhicules  et une quinzaine de policiers, sourire aux lèvres. "Où allez vous ?" demande poliment le chef de cette force armée. "A Islamabad" réponds-je tout aussi poliment avec un grand sourire. L’échange qui suit est des plus courtois et nous continuons notre route avec toujours cette satanée voiture bleue qui nous précède.

 

A notre arrivée a Islamabad, nous sommes soulagés d’avoir terminé cette route difficile sans aucun problème. Topette a montré une résistance impressionnante. La révision ne lui fera pas de mal. Nous avons nous aussi besoin de repos. Nous nous dirigeons vers le camping de la ville qui est le point de passage de pratiquement tous les voyageurs, motorisés ou à vélo, en route pour l’ Inde.

Nous retrouvons 3 français en vélo dont  un couple de Vendéens (Isabelle se sent prêt de chez papa et maman) et un groupe d’Espagnols rencontrés en Turquie. Nous apprenons rapidement l’ampleur du tremblement de terre. Nous nous empressons d'aller rassurer nos familles qui nous savent au Pakistan. Nous prévenons l’ambassade de France qui recense tous les Français présents dans le pays.

Une question nous travaille rapidement : Que pouvons nous faire pour aider après cette catastrophe?

 

haut de page