Après les grandes avenues d’Islamabad
et ses riches quartiers résidentiels, nous rejoignons Lahore par une
autoroute à 6 voies ! Dès notre entrée dans la ville, nous
retrouvons le chaos des rues pakistanaises, après 3 semaines à
Islamabad, c’est comme un retour au "vrai" Pakistan.
Nous trouvons un bivouac inespéré dans
les jardins du plus bel hôtel de la ville. Jade trouve qu’enfin elle
peut prendre son temps dans les toilettes, "c’est propre et ça sent
bon" ! Normal, c’est quand même un 5 étoiles !
Quand on a la chance d’être à Lahore
un jeudi, il ne faut pas rater la soirée soufi (mouvement mystique
de l’islam). Par l’intermédiaire de Malik, nous réussissons à nous
introduire dans cette soirée à l’ambiance étrange. Dans la cour
intérieure d’un mausolée, nous découvrons une assemblée
exclusivement masculine noyée dans un nuage de fumée et à l’odeur,
on peut tout de suite dire qu’il n’y a pas que du tabac qui circule…
L’assemblée est dense et les quelques mouvements de foule à l’entrée
ne nous mettent pas très à l’aise. Mais, très vite, nous sommes
dirigés vers les places d’honneur et les regards croisés sont
amicaux. Devant nous, 2 percussionnistes jouent un rythme enivrant
et malgré le niveau de décibels qui déboucherait les tympans les
plus encrassés, Jade et Titouan tombent dans un profond sommeil. La
qualité des percussionnistes est impressionnante, nous avons même le
privilège d’écouter les frères Saeen, internationalement connus.
Gonga, l’aîné, est sourd de naissance, il peut jouer grâce aux
vibrations qu’il ressent par l’abdomen. La coordination avec son
frère est sans faille, stupéfiant ! Quelques hommes se lèvent et
commencent à tourner devant les tambours jusqu’à entrer en transe.
Soirée inoubliable.
Dernière étape avant de rejoindre
l’Inde, le passage de la frontière, ouverte ou fermée suivant les
relations du moment entre les 2 pays. Tout va bien, elle est
ouverte. Mais avant de passer de l’autre côté, nous ne voulons pas
rater la cérémonie de clôture qui a lieu tous les soirs. Véritable
spectacle, les armées indiennes et pakistanaises défilent chacune de
chaque côté des portails qui séparent la scène. Les spectateurs
installés dans des gradins encouragent leurs propres troupes et il y
a de l’ambiance ! Côté Pakistanais, un vieux monsieur se charge
d’enflammer la foule, il n’économise pas ses forces ! Les soldats,
plein d’orgueil, font claquer leurs bottes sur le bitume, à s’en
déboîter la cheville. Nous regardons tout cela d’un air très amusé
mais le patriotisme des indiens comme des pakistanais fait froid
dans le dos. Dernière nuit côté pakistanais, dans le noir. Un camion
un peu haut arrache les lignes électriques sous nos yeux, nous
gratifiant d'un joli feu d'artifice ! Un câble tombe sur Topette :
frayeur. Demain nous serons en
Inde, inch Allah.