Malgré les avertissements de possibles
fouilles du camion de fond en comble à la douane, nous avons passé
la frontière avec les Duduch comme des éclairs. Il est vrai que les
6 enfants savent occuper les entrées des deux camions, décourageant
ainsi les douaniers qui tenteraient de monter à bord.
Nous avons d'emblée senti le
changement de pays. Quelques kilomètres après la frontière, les gens
nous sourient et nous saluent à tour de bras. Nous sentons que nous
sommes les bienvenus.
Notre premier bivouac nous permet de
vérifier l'hospitalité légendaire de la vallée du Fergana. Après
nous avoir trouvé un beau plateau surplombant la vallée, notre hôte
nous ramène 5 à 6 kgs de cerises et abricots.
La famille Duchateau,
qui collectionne les problèmes mécaniques, décide de filer
directement vers Tachkent pour essayer de mettre fin à une série
d'ennuis qui perturbe quelque peu leur voyage. De notre côté, nous
nous dirigeons vers Margilan, fief de la soie. Le bazar du dimanche
nous enchante, l'animation est à son comble, les babouchkas vendent
leur lait frais et leur crème fraîche. On se régale de mûres,
d'abricots, de framboises, de cerises, de raisins secs et de
pistaches. Nous arrivons pile poil à la bonne saison et nous en
profitons.
Posés pour l'après-midi un peu trop près d'un village, nous
voyons défiler tous les curieux. Cette fois nous sommes las de tant
d'observateurs même s'ils se révèlent très gentils. Certains nous
apportent des cerises, d'autres du pain, des pommes etc...
Mais
nous avons
besoin de calme pour faire l'école, prendre notre douche et faire
des confitures. Pendant le dîner, nous sommes obligés de nous
renfermer dans Topette et nous sentons alors quelques projectiles
sur le camion. Un peu énervé, je me dirige droit vers un gars qui
travaille la terre, très gentil il me fait comprendre que les gamins
jouent et que pour notre tranquillité il vaut mieux le suivre jusqu'à
chez lui. Il est 21 heures et le thé de bienvenue se transforme en
deuxième dîner avec toute la famille. Titouan et Jade dorment
déjà...
Le lendemain matin, à notre réveil, la
famille nous attend pour prendre le petit-déjeuner. Les habitants de
la région se montrent vraiment d'une hospitalité débordante.
Margilan est réputée pour ses
soieries. Alors, avant de quitter cette petite ville bien
tranquille, nous approfondissons tous les secrets de la
sériciculture. La visite de l'usine de Margilan, une des plus
importantes du pays, est d'une
qualité remarquable. Les employées sont souriantes et se pressent de
remplir les poches des enfants de cocons de soie. Une femme, voyant
ma montre qui indique 11h45, me demande étonnée si c'est bien
l'heure. Comme nous ignorons encore qu'il y a un décalage horaire
entre le Kirghizstan et l'Ouzbékistan, je lui répond sûre de moi
qu'il est bientôt midi. Elle ramasse ses affaires et rentre chez
elle... Nous réaliserons 2 jours plus tard que nous vivons avec 1
heure d'avance depuis 4 jours ! Nous espérons qu'elle n'aura pas eu
trop de remontrances...