Une première pour
les enfants qui, comme nous, sont plus familiers de la mer que de la
montagne. Nous commençons par rejoindre le village de Beni avec
Topette en passant par des pistes boueuses et glissantes. Le 4x4
s’impose et nous sommes contraints de rebrousser chemin pour
utiliser d’autres pistes plus carrossables. Titouan se régale de
voir Topette faire du tout terrain.
Le premier jour de
marche est long et n’offre guère d’ombre. Il nous faut sans cesse
motiver les enfants. Chansons, histoires et pauses régulières nous
permettent de rejoindre le petit village de Tiplyang.
Notre « maison de
thé » nous offre deux chambres simples mais suffisantes. Nous nous
apercevons dans la nuit qu’il manque juste des moustiquaires. Nous
nous levons sans cesse pour combattre ces petites bêtes qui mettent
nos nerfs à rude preuve. Et puis, l’orage violent s’abbat sur les
tôles ondulées de notre toit et réveille Jade qui ne veut plus
dormir seule : « Même si c’est le ciel qui prend des photos, j’ai
peur et je veux dormir avec vous ». Sale nuit !
Le lendemain, dès
le départ à 6h, après un petit déjeuner copieux de « trekkeur », la
journée s’annonce bien. Les paysages sont à couper le souffle. Nous
marchons dans une vallée avec des cultures en terrasse tout autour
de nous, la rivière en contre bas, et en toile de fond les montagnes
enneigées. Les enfants sont en pleine forme et nous surprennent par
leur rythme cadencé. Après trois heures de marche, nous retrouvons
une famille d’Australiens aperçue la veille. La pause s’éternise,
Jade et Titouan sont tout de suite très complices avec Lotus, 6 ans
également. Nous terminons la matinée ensemble et là, les enfants ne
marchent plus, ils courent et jouent. Nous arrivons à Tatopani (ce
qui signifie source d’eau chaude en Népalais, HUMMMMMM) où une
ravissante maison de thé nous attend.
Nous passons le
reste de la journée à détendre nos petits muscles dans les sources
d’eau chaude. Les enfants sont aux anges et laissent peu de
tranquillité aux adultes ! Nous qui leur demandons en permanence de
faire attention à l’eau limitée dans Topette, ils s’en donnent ici à
cœur joie !
Après cette
journée formidable, Jade et Titouan veulent rester avec Lotus qui
sera encore là demain. La décision n’est pas trop dure à prendre et
nous décidons de rester une journée de plus à Tatopani. C’est là
l’avantage du voyage au long cours.
Le retour (en
descente) nous laisse plus de temps pour apprécier les magnifiques
villages traversés. Nous sommes dans le Népal profond et la
ruralité nous plonge quelques dizaines d’années en arrière. Le bois
est le combustible pour la cuisine, la source au milieu du village
(souvent l’unique point d’eau) sert de douche. Tout ici est
transporté à dos d’homme et les Népalais, dont la réputation de
porteur n’est plus à faire, nous impressionnent. Certains, souvent
petits et évidemment pas bien épais, portent plus de 80 kgs sur des
dizaines de Kms. Le relief impose de toute façon ce mode de
transport ou alors la mule. Les longues caravanes de ces bêtes
donnent une sonorité sympathique à la campagne avec leur cloche
suspendue à leur cou. Les enfants baptiseront la randonnée « le
trek des cacas de mules » !
Cette première
randonnée (50kms et un dénivelé minimum de 600m) est une réussite.
Nous avons trouvé cette expérience très enrichissante sur plein de
points: complicité familiale, goût de l'effort, responsabilisation
des enfants... Les enfants nous redemandent un trek plus long en
retrouvant Topette.
Une belle
satisfaction !