En route vers la
frontière indienne, nous effectuons une pause de quelques jours
dans les parcs nationaux de Chitwan et Bardia. La saison ne se
prête pas à l’observation des animaux. En effet la mousson qui
pointe son nez a rendu l’herbe très haute et les points d’eau sont
nombreux. Nous avons donc peu de chance de voir des tigres, des
léopards ou des ours qui n’ont plus besoin de se déplacer pour
boire.
Pourtant dès le
lendemain de notre arrivée, alors que nous prenons notre petit
déjeuner autour d’une table fleurie par les enfants à l’occasion de
la fête des mères, les enfants s’échappent à toute allure. Ils
viennent d'apercevoir un éléphant. Une demi-heure s’écoule et, tout
excités, ils
reviennent nous chercher pour aller voir trois éléphants qui se
baignent dans la rivière.
Après un petit moment
d’observation de cette amusante toilette, un cornac (celui qui
dirige et s’occupe du pachyderme) nous invite à monter dessus. Sans
hésitation, nous voilà dans la rivière grimpés sur l’éléphant. Il
nous propose sa trompe comme marche pied et ses oreilles en guise de
poignée. Une fois perchés sur le dos du mastodonte les festivités
commencent. Le premier jet d’eau envoyé adroitement par la trompe nous fait hurler de rire. Rapidement, on en
redemande ! Et ils sont joueurs ces gros doudous au poil tout dru.
Ils se couchent dans l’eau en douceur et basculent adroitement, sans nous laisser une
seule chance de rester sur leur dos. Une fois les premières craintes
envolées, les enfants (petits et grands) remontent sur le dos de la
bête pour plonger !
Séance de gommage avec une pierre, notre
éléphant se laisse faire avec visiblement beaucoup de plaisir.
Quelle sensation extraordinaire d’avoir cette masse de 3 tonnes plaquée
contre nous. Nous vivons un instant magique.
Après de tels
moments, on ne peut qu’admettre que le voyage a cette vertu d’offrir
des moments aussi inattendus qu’inoubliables.
Dans une
« maternité » pour éléphants, nous nous laissons attendrir par un
petit nouveau de 11 jours, sa maladresse le ferait presque marcher
sur sa trompe. Les plus vaillants nous tendent leur trompe pour une
poignée de main ou tenter de nous voler notre parapluie. On pourrait
rester des heures à les observer.
A Bardia, nous
découvrons la culture tharu. Cette ethnie vit dans de simples mais
jolies maisons en pisé au toit de chaume où des formes d’animaux
sont moulées sur les murs. 4 ou 5 générations se côtoient, les
hommes peuvent avoir plusieurs femmes, c’est ainsi qu’une seule
maison abrite parfois plus de 50 personnes ! La gentillesse
remarquable des gens nous permet de pénétrer à l’intérieur. Plus que
sommaires, ces conditions de vie, nous renvoient, à nouveau,
plusieurs décennies en arrière.