En quittant
Bichkek, nous nous faisons arrêter pour excès de vitesse, un
comble avec un Topette qui ne dépasse pas les 90 Kms/h ! Les
routes ici sont truffées de radars. Le gendarme nous réclame 50
Som soit 1€, c'est raisonnable mais comme il n'y a aucun panneau
de limitation de vitesse, difficile de savoir si nous sommes
vraiment en infraction.
Nous retrouvons
les montagnes et... la pluie. Sur une route qui s'annonçait
spectaculaire, ça commence à devenir très énervant. En arrivant
dans la vallée de Talas nos repérons un très joli bivouac mais
le chemin est boueux. Nous tentons quand même le coup et ...
perdu ! Topette est enlisé et en reculant pour venir nous
tracter, Obélix (le camion des Duduch) pourtant 4x4, se bloque
une roue sous une pierre!
Et la pluie reprend de plus belle
juste à ce moment là ! Mais voyons plutôt le côté positif des
choses, très rapidement, 4 hommes viennent nous proposer de
l'aide. Vincent arrive à sortir Obélix du bourbier après avoir
retiré l'énorme pierre à l'aide d'une barre à mine et un des 4
Kirghizes tire Topette par l'arrière avec un camion du chantier
voisin. Comme il en faut un peu plus pour décourager Benoît, il
retente un passage en force avec succès. Installés au bord du
torrent avec des chevaux comme voisins, il ne nous reste plus
qu'à espérer que la pluie va cesser pour pouvoir sortir d'ici.

Après une bonne
nuit, le soleil est de retour. Tout le monde enfile ses
chaussures de marche et en route pour les crêtes. Des hommes et
des femmes plantent des pommes de terre, une des femmes vient
timidement nous parler, elle a de bonnes notions d'anglais et
nous invite à aller manger le mouton demain avec tous les
voisins.
Le lendemain, nous sommes reçus comme des invités
d'honneur, on nous installe dans la maisonnette en pisé autour
d'une table basse garnie de yaourt, kurut (boulettes de fromage
séché) et borsoks (beignets non sucrés). Mais ce n'est qu'un
en-cas, dehors la grand-mère surveille la cuisson du beshbarmak,
larges nouilles plates et viande de mouton mijotées dans un
bouillon, le repas de fête par excellence. Dans la marmite, pas
une seule partie du mouton n'a été oubliée, tout y est, panse,
tripes, tête... Malheureusement, quand les plats TRES copieux
arrivent sur la table, il n'y a pas beaucoup d'amateurs. Nous
essayons quand même de faire honneur aux plats mais nos hôtes,
voyant que nous ne terminerons jamais, nous imposent d'en mettre
un peu dans un sac plastique pour repartir avec ! Toute la
famille se montre adorable, le bébé de 11 mois, à la bouille
toute ronde, se laisse maintenant approcher et nous terminons
cet agréable moment par une série de photos que nous leur
posterons.
Nous quittons
notre beau bivouac près des champs de coquelicots par temps sec
cette fois-ci mais la route comporte quelques beaux trous et
nous avons la désagréable surprise de constater que deux lames
de ressort sont cassées. Nous réparerons à Och avant de passer
la frontière Ouzbèque.