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Carnet de route

Iran - Septembre 2005 - Entrée en Iran

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Derrière un grand portail en fer, nous entrons en République islamique d'Iran. Après la douane, nous avançons de quelques mètres et nous sommes plongés dans un autre monde. Nous sommes soudainement bien loin des publicités bulgares où le strict minimum était caché par deux rondelles de citron et un triangle en coton ! Ici c'est le tchador qui domine et même si dans les villes, certaines jeunes filles s'accordent un peu de fantaisie en portant des tuniques colorées sur des jeans, aucune chance de voir un avant-bras ou un mollet, la température extérieure avoisine pourtant les 35° ! Je ne me sens pas particulièrement à l'aise et je veille consciencieusement à ce que mon voile soit bien en place pour me fondre le plus possible dans la masse.

 

Première chose que tout automobiliste fait en entrant en Iran: le plein. Et même si on est prévenu, ça paraît incroyable, 80 centimes d'euros le plein !!! 0,0165 € le litre de gasoil ! Notre porte-monnaie va pouvoir se remettre du coût de la vie en Turquie.

 

Nous constatons très vite que l'hospitalité Iranienne n'est pas une invention, dès notre premier arrêt, nous sommes à peine descendus du camion que nous sommes déjà invités à partager pastèque et melon avec toute une famille. Dans les voitures qui nous doublent, les bras s'agitent pour nous saluer et quand la circulation ralentit, on nous crie "welcome to Iran"! Quand je pense qu'à la lecture de certains articles de presse française il y a 2 semaines, je me demandais si nous allions être les bienvenus en Iran !!!

Dans les jours qui suivent, à Tabriz, Kandovan puis Zanjan, les gestes de sympathie et les invitations ne se comptent même plus, la liste est trop longue.

Les Iraniens sont encore en vacances et ils visitent leur pays. Quand ils aperçoivent Topette, nous devenons le pôle d'attraction... ils sortent les caméras, les appareils photos et ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent "Where do you come from ? What do you think about Iran ?" Je dois parfois me barricader à l'intérieur du camion pour réussir à cuisiner, je ne parle même pas d'essayer de lire ou écrire, c'est impossible ! Ca nous donne une petite idée des inconvénients de la célébrité !

Les enfants, parfois fatigués de poser pour les photos, tirent quand même avantage de la situation quand il s'agit de l'heure quotidienne d'école... Si nous nous mettons à la vue de tout le monde, à la fin de l'heure nous avons de quoi manger pour le repas du midi et nous avons passé la moitié de l'heure à répondre aux questions, refuser les invitations et remercier pour ce qu'on nous donne !

Nos premiers contacts avec l'Iran se font dans une région très rurale. Les paysages sont montagneux et désertiques. Dans les vallées, les maigres bandeaux de verdure le long des rivières forment un très beau contraste avec l'aridité dominante. Dans les villages, les maisons en terre battue sont coiffées d'énormes meules de foin et Titouan et Jade nous regardent avec un air dégoûté quand nous leur expliquons que les grands tas marrons à côté des maisons sont des bouses de vache séchées qui servent à faire du feu ! Les routes sont par ici désertes et nous croisons plus de bergers avec leurs troupeaux que de voitures.

 

A Zanjan, où nous pensions commencer notre découverte de l'architecture persane, il faut nous contenter d'une mise en bouche seulement. Titouan souffre d'une turista et Topette, bien garé, se fait enfoncer le bout du nez par un chauffard qui n'a pas pensé à regarder derrière lui avant de reculer ! Jade a juste le temps de nous dire "mais il n'est pas bien, qu'est-ce qu'il fait..." et BOUM ! Bien évidemment, il ne parle pas un mot d'anglais, Benoît part avec lui à la recherche d'un traducteur, ils reviennent à 8 dont un policier. La discussion dure une bonne heure et après l'arrivée d'un deuxième policier, un professeur d'anglais nous explique qu'avec la copie du permis de conduire de notre chauffard et le papier de son assurance, nous pouvons espérer récupérer quelques euros à Téhéran où nous allons demain. Nous pouvons rouler comme ça, donc roule Topette et nous verrons bien...

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