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Carnet de route

Iran - Septembre 2005 - Les Nomades et le Baloutchistan

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A l’approche du sud de l’Iran, les tribus nomades sont plus nombreuses. Pour nous, rencontrer des nomades, c’est un peu un rêve. Malgré les incitations à la sédentarisation, il reste encore en Iran, près d’un demi million de nomades. Grâce à l’aide du patron de l’unique hôtel de Chelgerd, nous trouvons un villageois pouvant nous guider et nous introduire.

Nous nous enfonçons dans les montagnes, le bitume laisse la place à une piste et petit à petit les tentes se font de plus en plus nombreuses. Nous sommes chez les nomades Bakhteyari. Autour des tentes, on s'affaire, c'est la période de transhumance, le moment est venu de tout empaqueter et de laver les tapis. Dans Topette aussi, on s'affaire, les enfants sont très excités à l'idée de partager un moment avec des nomades.

Après avoir trouvé une famille qui accepte de nous accueillir pour la nuit, notre homme de Chelgerd nous laisse et repart vers le village. Tout en savourant le thé de bienvenue, nous échangeons quelques mots en farsi et rapidement le langage des signes prend le relais. Le couple qui nous accueille a 5 enfants, 2 d’entre eux (8 et 10 ans) sont déjà partis vers le Khuzestan pour l’hivernage avec les moutons, les chèvres, les chevaux et les mules.

Les enfants font cadeau de quelques-uns de leurs jouets, la moto de police de Titouan remporte un véritable succès. La barrière de la langue tombe rapidement pour laisser la place aux jeux. Titouan, très heureux de pouvoir se promener seul dans ces grands espaces est très vite surnommé "Bakhteyari" par le chef de famille !

Le lendemain matin, les femmes sont curieuses de voir quel genre de nomades nous sommes. Elles profitent de mon absence à la rivière avec les enfants pour venir observer Isabelle par la portière.

 

Heureux de cette expérience, nous filons vers le Baloutchistan, à l’intersection de l’Iran, du Pakistan et de l’Afghanistan, région réputée pour les trafics de drogue.

Nous avions prévu de passer cette zone avec Martin et Ursula, rencontrés en Cappadoce. Grâce aux mails, nous les retrouvons facilement à Kerman. Martin a déjà fait cette route en 2000 et sait qu’il faut maintenant penser à faire le plein de gasoil. Compte tenu du prix ridicule du gasoil et du trafic avec le Pakistan, l’essence est de plus en plus rationnée à l’approche de la frontière. L’arrêt à la pompe est une catastrophe, nous sommes obligés de prendre de force le pistolet pour faire le plein des jerricans sur le toit. Dans la précipitation, le gasoil coule à l’intérieur du camion par le hublot situé au-dessus du lit de Titouan. Les jerricans en plastique fuient pendant que nous roulons … Nous sommes quitte pour un après-midi de lessive et un nouveau parfum d’ambiance pour Topette pendant plusieurs jours ! Tout baigne … dans le gasoil.

 

Nous passons une nuit à Bam avant de regagner la frontière. Bientôt 2 ans après le terrible tremblement de terre qui a ravagé la ville et sa somptueuse citadelle, nous constatons que la plupart des bâtiments sont toujours à terre comme si la catastrophe avait eu lieu il n’y a pas si longtemps. L’atmosphère est pesante et nous nous sentons mal à l’aise d’arriver juste pour une nuit dans une ville encore très marquée par ce drame. Mais encore une fois, l’hospitalité iranienne nous a vite montré que nous étions les bienvenus.

 

Nous reprenons la route tôt le matin, mais la chaleur est vite insupportable, 35° à 7h, 39° à 8h30 et 45° à 9h30 ! Les enfants souffrent beaucoup moins de la chaleur que nous et Topette affiche une forme olympique. Seules, quelques transpirations nous obligent à mettre le chauffage dans les côtes de montagne ! En arrivant à la frontière, nos amis Suisses sont sommés de faire demi-tour pour retourner à Zahedan, à 1h30 de route, afin de redonner à la police  leurs plaques d’immatriculation iraniennes. Nous avions eu la bonne intuition de ne pas nous plier à cette démarche administrative fortement recommandée mais pas obligatoire, et de traverser l’Iran avec nos plaques françaises. Nous passons donc une nuit de plus en Iran au poste frontière.

Nous quittons l’Iran totalement séduits par la richesse culturelle et la beauté des monuments. Mais le plus marquant restera sans aucun doute l’extraordinaire accueil des Iraniens. Quand on pense à tous les commentaires que nous avons pu entendre sur l’Iran… nul doute qu’il vaut mieux découvrir le monde de ses propres yeux !

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