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Carnet de route

Iran - Septembre 2005 - Ispahan

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Après des kilomètres d'étendues désertiques, Ispahan, avec ses nombreux espaces verts, nous paraît d'emblée très agréable. Nous voulons commencer par trouver un bivouac, chose toujours délicate en ville. Nous trouvons un emplacement idéal le long d'un parc à quelques pas de la grande place de l'Imam.

 

Nous occupons notre première journée à flâner sur cette place majestueuse. Pour pouvoir l'admirer tranquillement, nous allons savourer un thé dans une chaykhaneh (maison de thé) qui surplombe la place. A l'instar de nos bars, les maisons de thé en Iran sont un lieu de rencontre, la décoration est toujours très chargée et les hommes s'y retrouvent pour fumer la qalyan (pipe à eau). Nous sommes face à la mosquée de l'Imam, une des plus belles représentations de l'architecture persane, à notre gauche, la mosquée Sheikh Lotfollah et à notre droite, le Palais Ali Qâpu. Nous sommes émerveillés devant tant de beauté, les faïences sont d'une extrême finesse. En fin de journée, la place s'illumine et les familles iraniennes occupent tous les coins de pelouse pour pique-niquer. Nous terminons la journée dans un restaurant qui nous fait penser à un Palais sorti tout droit des mille et une nuits. Rien ne vient gâcher ce bon moment, pas même l'addition... 2 euros le plat ! Ispahan n'aura pas mis longtemps à conquérir nos coeurs.

 

Durant les 5 jours qui suivent, nos journées se partagent entre visites et rencontres. Nous sommes totalement sous le charme de cette ville. Ponts, mosquées, palais, tout nous émerveille. Les enfants, parfois un peu lassés par les visites, compensent par les rencontres de copains et copines dans le parc. La barrière de la langue n'est pas un problème pour jouer à cache-cache, jouer au foot ou faire des dessins ...

 

 

Parmi nos nombreuses rencontres, celle de Fakhredine et Hamide fut la plus marquante. Ils ont tous les deux étudiés le français et ils le parlent très bien. Rencontrés sur l'autoroute entre Téhéran et Kashan, nous les retrouvons une semaine plus tard dans leur ville, le soir de l'anniversaire de l'imam 12. Pour nous rendre chez eux, nous traversons la ville très animée. Les guirlandes ornent les rues, les gens s'affairent autour de soupes populaires, les pétards fusent et on nous offre gâteaux, boissons et glaces. Nous sommes gênés de les mobiliser le soir d'une fête qui se célèbre normalement en famille, mais nos hôtes nous affirment que c'est un plaisir ... Toujours ce sens incroyable de l'hospitalité ! Je ne sais pas si, en France, nous choisirions le soir de Noël pour inviter des inconnus ... Pénétrer dans une maison iranienne, permet de découvrir l'autre face de l'Iran, dans toutes les maisons où nous sommes allés nous avons constaté que les interdits sont largement bafoués. Partout nous avons vu des antennes satellites, des jeux de cartes, des DVD non censurés ... A Téhéran, on nous a même rapporté que sur un simple coup de téléphone, on peut se faire livrer de l'alcool en 15 mns ! A l'abri des oreilles indiscrètes, les langues se délient et visiblement beaucoup d'Iraniens ayant oeuvrés en faveur de la révolution, regrettent aujourd'hui leur choix. Nombreux aussi sont les hommes qui souffrent de graves problèmes de santé suite à la guerre Iran-Irak qui a beaucoup marqué le pays. Le moment venu d'aller nous coucher, Fakhredine et Hamide ne veulent pas nous laisser repartir vers Topette, ce serait une offense pour les parents de Fakhredine, qui habitent à l'étage en dessous, de savoir que des invités dorment devant leur porte.

 

Après cet accueil très chaleureux, il est tant pour nous de quitter Ispahan et nous prenons la direction des montagnes à la recherche des Nomades.

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