Nous entamons notre
descente vers la plaine en commençant par le tronçon Leh – Manali.
Route ouverte officiellement 2 mois 1/2 par an entre
juillet et septembre. 475 km,
2 cols à +
de 5000m dont le Taglangla à 5330m, second col carrossable
le plus haut du monde.
Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre
pour l’état de la route après les nombreux glissements de terrain de
ces dernières semaines. La route vient d'être coupée pendant 2 semaines et nous espérons que Topette continuera à
rester fidèle car si il y a bien un endroit où il ne faut pas rester
en rade, c’est là.
On l’a peut-être pensé un peu trop fort car à 3
km du Taglangla, Topette nous fait un bruit étrange qui
n’annonce rien de bon. Nous sommes à 5200m d’altitude et nous avons
encore 4 cols à passer ! Nous stoppons, inquiets ! Après
inspection on ne constate rien visuellement mais nous soupçonnons une
défaillance de
roulement, mais lequel ? Nous repartons doucement après un démarrage
en côte difficile et constatons que le bruit a disparu comme il est
venu. Nous poursuivons, l’oreille très attentive, avec angoisse.
Ici , il n' y a pas âme qui vive !
N’entendant rien
après plusieurs kilomètres, nous laissons notre crainte au placard
pour profiter des magnifiques espaces qui s’offrent à nous.
Les traces des pluies diluviennes sont nombreuses, la route a parfois été
totalement emportée ce qui oblige Topette à se surpasser mais il
tient bon ! Pour monter les cols, avec le manque d’oxygène, il
s’essouffle comme nous alors pas question de s’arrêter sinon on ne
repart plus. Pendant que Benoît essaie d’éviter les pierres je fais
de grands signes aux camions qui descendent pour qu’ils nous
laissent suffisamment de place pour continuer notre montée sans
tomber dans le précipice !
Après
2 jours de route, nous arrivons à Manali exténués, les enfants ont
été exemplaires, d’une patience incroyable, il ne nous reste plus
qu’à emmener Topette, qui nous a donné une deuxième
alerte, chez le docteur. Le diagnostic est vite établi, roulement
d’arbre de transmission
cassé (pour les connaisseurs !). Comme
Topette a ses cousins en Inde (les Tempo travellers) le garagiste
trouve vite un roulement neuf et Topette est remis sur
roues en 2 heures pour 15 euros seulement, elle n’est pas
belle la vie ?
Pour couper un peu
notre route vers le Népal, nous nous arrêtons dans une petite vallée
reculée, loin de tout, la vallée de la Tirthan. Un véritable havre de paix, la
rivière Tirthan d’un beau vert jade coule entre 2 flancs de
montagnes où sont accrochées les maisons aux jolies terrasses en
bois, ici tout est très vert, la mousson est à peine terminée, les
villageois sont souriants et l'authenticité est réelle.
C’est pour nous l’occasion de belles
rencontres. Christopher et Shifali, deux Indiens qui ont laissé leur
vie trépidante de Delhi pour monter une guest-house dans cette
charmante vallée et vivre au vert avec leur petit garçon de 5 ans.
Annabelle et Ravi
avec qui nous partageons plusieurs repas. Avec Annabelle, Jade et
Titouan ont la surprise de pouvoir assister à un atelier de papier
mâché, en français, au fin fond de l’Inde ! Avec Ravi nous avons un
interlocuteur ouvert et cultivé qui peut répondre aux nombreuses
questions que nous nous posons sur l’Inde et son fonctionnement.
Au moment de
partir, nous emmenons avec nous un "souvenir" de la vallée puisqu’ Annabelle est du voyage pour Katmandou. Une baby-sitter à
bord pendant 6 jours !