Nous continuons
notre route pour rejoindre le Ladakh en traversant des paysages de
montagne verdoyants de toute beauté. Dommage qu’il y ait des
militaires partout… On ne peut s’empêcher de faire le parallèle
entre le budget de la défense et la pauvreté. La présence militaire
au Cachemire coûterait 1,5 millions de dollars par semaine !
A Kargil, nous
laissons les mosquées pour plonger
dans l’univers bouddhiste du ladakh. Le dépaysement est total dans
cette région où la vie se situe entre 3500 et 5500 m. Les montagnes
nous offrent un paysage lunaire, l’architecture des maisons et les
nombreux gompas (monastères) perchés sur des collines nous
rappellent que nous sommes à deux pas du Tibet. Les visages et les
tenues vestimentaires changent aussi, l’Inde nous paraît bien loin.
Nous sommes arrêtés
à 2 reprises par des glissements de terrain qui bloquent la route.
Il a plu anormalement dans la région ces 2 dernières semaines (les
dernières grosses pluies remontent à 40 ans) et les routes ont
beaucoup souffert. Topette s'offre quelques belles glissades dans
les ornières de boue et nos palpitations cardiaques font quelques
envolées ...
Nous retournons en
"pèlerinage" au village de Likir. 10 ans plus tard c’est un
chemin fraîchement goudronné qui y mène et nous comprenons vite
pourquoi, à la vue des cars de touristes garés sur le parking du gompa. Mais le village en contrebas a gardé toute son authenticité
et nous retrouvons avec un immense plaisir "notre" petite guest-house et sa cuisine ladakhie traditionnelle.
Le moment fort de
notre passage au Ladakh, c’est notre excursion au Lac de Pangong.
Route sinueuse et abrupte, nous sommes contraints de laisser
Topette. Même la jeep prise pour l'occasion a besoin de bras pour
franchir le 3éme col carrossable le plus haut du monde à 5290m. Nous nous arrêtons près d’un campement
de nomades, des femmes
nous appellent et nous incitent à rentrer dans une petite cabane en
pierres. Elles pressent du beurre de yack dans leurs mains. Ce
beurre sera conservé plusieurs mois et viendra apporter un peu de
calories au thé pendant l’hiver. Elles nous invitent à goûter au thé
au beurre que tout le monde boit ici comme une friandise, c’est
également la boisson des moines pendant la prière, mais nous gardons
un si mauvais souvenir de ce breuvage au beurre rance que nous préférons
décliner, poliment, l’invitation !
Nous arrivons enfin
au lac, la vue est éblouissante. Ce lac, de 130 km de long à 4300 m
d’altitude, se partage entre l’Inde et le Tibet. Nous montons notre
camp dans ce décor de rêve, l’excitation des enfants est à son
comble et nous un peu essoufflés quand même par le manque
d’oxygène, nous savourons le site… Ici, tout le monde y trouve son compte,
les enfants partent escalader les montagnes, jouent avec les galets,
inventent des circuits géants dans la poussière et les parents
profitent encore et encore de ce paysage grandiose. Il nous
est difficile de trouver les mots pour décrire notre sentiment
devant une telle merveille naturelle. Les
plus courageux ne résistent pas à l’appel de l’eau cristalline du
lac, elle est pourtant très, très, très froide ! Après des journées très
ensoleillées et des nuits fraîches et ventées, le soleil se cache
derrière les nuages le matin de notre départ, un signe qu’il faut
vraiment partir car on resterait volontiers… Tout poussiéreux, nous
faisons nos adieux au lac avec des images somptueuses plein la tête.
Mais les surprises
ne sont pas finies, familles de marmottes, yacks, ânes et chevaux
viennent agrémenter la route du retour.
Voici venu le
moment des séparations, nos amis reprennent l’avion, nous réalisons
encore un peu plus notre chance d’avoir du TEMPS. Jade et Titouan
sont tristes de voir partir leurs "supers copains" mais ils
retrouvent vite le sourire en confectionnant le calendrier compte à
rebours pour l’arrivée de Papinou et Maminou que nous allons
retrouver à Katmandou, au Népal, dans quelques semaines.