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Carnet de route

Inde - Décembre 2005 - Agra et le Rajasthan

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Pour ne pas trop subir les assauts de la capitale indienne et sa cohue, nous choisissons un dimanche pour entrer dans Delhi. Nous venons chercher les parents d’Isabelle qui nous rendent visite pour 3 semaines. Les enfants sont plus qu’excités et nous, heureux de leur faire découvrir l’Inde.

 

Avant d’aller les chercher à l’aéroport en soirée, nous passons l’après-midi avec la famille Chawla qui nous avait gentiment hébergés lors de notre passage en 96. C’est émus que nous franchissons le seuil de leur porte, nous sommes accueillis à bras ouverts et un repas nous attend alors que nous venons de manger !!! Cet après-midi serait parfait si nous n’étions pas forcé de constater que notre ami Chawla est fort mal en point. Il souffre d’une hépatite B et ses forces s’amenuisent, en nous quittant, la pensée que nous ne le reverrons peut-être plus plane dans nos têtes.

 

La nuit tombe et les enfants commencent à s’impatienter… "Quand est-ce qu’ils arrivent ?", cette question , nous avons dû l’entendre une bonne dizaine de fois ! Après la joie des retrouvailles dans un hôtel un peu miteux, Topette se transforme en minibus et nous partons à la découverte d’Agra et du Rajasthan.

 

Le spectacle des routes indiennes commence ! Tantôt une vache au milieu de la route, tantôt une voiture en contre sens sur la 4 voies, tantôt des chameaux tractant une remorque de coton ne rentrant dans aucune catégorie de convoi exceptionnel, la liste est interminable... On s’adapte et le côté "tout est permis"  nous permet de sortir de situations parfois scabreuses.

 

Nous commençons par satisfaire Christiane, la maman d’isabelle, qui avait un vieux rêve : celui de voir le Taj Mahal. Sa larme à l’œil témoigne une émotion profonde. Après 1996, c’est pour nous une deuxième visite et nous sommes toujours aussi ébahis par tant de beauté. Nous prenons le temps de l’admirer en savourant la joie d’avoir permis l’accomplissement d’un rêve.

 

Maintenant, place au Rajasthan. Outre ses citadelles du désert et ses villes de Maharadjas dont la merveille des palais n’est plus à prouver, le Rajasthan nous ravit les yeux par son désert, ses turbans, ses femmes parées de lourds bijoux en argent. Elles sont magnifiques ces femmes revenant de la corvée d’eau avec un ou plusieurs pots en cuivre en équilibre sur la tête.

 

Le rythme du voyage est plus soutenu, les distances sont grandes et les merveilles à découvrir nombreuses, mais les enfants semblent bien supporter le changement et dans l’affaire ils gagnent quelques semaines de vacances car l’heure d’école quotidienne est difficile à assurer.

 

Pour Christiane et Claude, une fois le choc digéré (saleté, pauvreté, circulation, pollution), le voyage a laissé place à l’ouverture des sens et aux rencontres. Une semaine après être rentrés en France ils nous écrivaient:

"Maintenant nous imaginons davantage votre vie , mais surtout le cadre dans lequel elle se passe. Ca, nous ne pouvions l'imaginer avant..... Nous voyons bien aussi qu'en regardant les photos, sans le bruit et sans les odeurs, ça ne traduit pas la "vraie vie" de là-bas. Il faut vraiment se plonger dedans pour savoir et quand on y plonge d'un seul coup c'est un tel choc que l'on ne s'en sort pas comme çà...... Pour ma part, je ne suis encore pas revenue, je passe mes nuits en Inde (en rêve ou réveillée) et une partie des journées car nous en parlons beaucoup. Des tas de questions resteront sans réponses et ces trois semaines ont passé si vite ! Nous avons l'impression maintenant que c'était un coup de vent et pourtant ..."

 

Parmi les rencontres marquantes, il y a celle de Ramesh et des gens qui l’entourent dans le Shekhawati. Ramesh a créé un éco-lodge où les énergies renouvelables (solaire), l’écologie et la nourriture biologique guident l’esprit de ce havre de paix.

Engagé dans la préservation du patrimoine, sa région natale abrite de nombreuses havelis (maisons bourgeoises). Richement ornées de peintures et fresques traditionnelles remarquables, elles sont malheureusement, pour la plupart, totalement laissées à l’abandon. En déambulant dans la petite ville de Nawalgarh nous sommes stupéfaits de constater que les havelis sont si nombreuses mais surtout qu’elles soient en aussi mauvais état. Leurs propriétaires habitent maintenant Bombay ou Calcutta et ne se soucient guère de savoir si des affiches sont collées sur les fresques et si le savoir-faire nécessaire à la restauration sera encore présent dans quelques années. Avec Catherine Ripoux, une Française, Ramesh a créé une association, "les amis du Shekhawati", dont le but est de développer la région et de sauvegarder ce patrimoine exceptionnel (www.apanidhani.com). Nous avons ensemble évoqué de possibles synergies avec Calcium et la mise en place d’une action commune de micro crédits.

 

Après avoir bien profité des câlins pendant trois semaines, c'est le temps des séparations. Mais bien coordonnés, nos amis Stéphanie, Hugues et Romane (LA copine de Jade et Titouan), arrivent le soir du départ des grands-parents. La séparation est moins dure, tout du moins pour nous.

Hugues, c’est lui qui a écrit nos portraits et Stéphanie, c’est elle qui a fait l’illustration du site. Donc, comme Hugues a la plume facile voilà son tout petit petit résumé.

 

On entend souvent dire : « L’Inde, on adore ou on déteste ». Qu’une fois catapultés dans ce pays étrange et étranger, enveloppés par sa densité et sa différence, un sentiment de rejet ou de fascination se dégage forcément.

Nous, on a vite choisi notre camp. Celui de l’émerveillement et de la découverte permanente. Ici, le spectacle est partout : dans la rue et dans les champs, sur les murs des palais et les façades des échoppes, sur les visages et les attitudes. On s’immerge, cela semble inépuisable.

 

Il faut dire aussi qu’en venant retrouver nos amis voyageurs, notre périple double en intensité et s’épaissit en bien-être. D’abord parce qu’on est trop heureux de les revoir, de leur parler et d’échanger. Rien que cela, c’est déjà un beau voyage. Pour nous et pour les enfants.

 

Ensuite parce que notre séjour idéalement préparé et justement rythmé devient évidemment plus simple. Il ne nous reste plus qu’à ouvrir nos yeux et nos oreilles, affûter nos papilles (on adore la nourriture indienne), stimuler notre odorat pour profiter de cette belle promesse qu’est le Rajasthan. Même si Delhi et son délire constituent une bonne entrée en matière.

La découverte de l’Inde impose aussi  de croiser une misère patente et parfois omniprésente. Et il faut donc savoir accepter de passer de la pauvreté extrême au ravissement extrême.

Enfin, on sait également que ce n’est pas en quinze jours et la visite d’une région que l’on pourra comprendre l’Inde et la résumer.

 

Empreintes du passé, empreintes d’éléphant, traces de la religion ou traces naturelles, c’est cette richesse qui guidera nos pas.

Même sur deux semaines, on a pu tutoyer cette diversité : Udaipur, la ville paisible des Maharadjas, Jasailmer la cité dorée du désert où l’on passe son temps le nez en l’air, Pushkar la ville sainte à l’atmosphère si particulière.

 

De l’Inde, on retiendra aussi les couleurs : celles des villes justement, celles des saris des femmes travaillant dans les champs ou sur la voie publique, celles de notre petit tour dans le désert.

Et aussi le bordel général de la vie quotidienne où il se passe toujours quelque chose et qui donne envie de s’arrêter définitivement et de ne faire que regarder.

Et puis le raffinement et la splendeur des temples et des palais.

Et puis les rickshaws et les vaches qui emplissent les villes qu’elles soient mégalopoles ou bourgades.

Et puis le plaisir d’un bon repas indien entre amis dans une pension délicieuse.

Et puis bien sûr la majesté du Taj Mahal qui se réveille dans la brume.

Et puis…

On vous le disait, c’est inépuisable.

 

La nuit dans le désert à la belle étoile, surveillés par les dromadaires, reste gravée dans la mémoire des petits comme des grands même si le froid  aurait pu nous congeler la cervelle !

 

Voilà, nous avons passé Noël en famille et le 31 entre amis, heureux de partager des moments merveilleux et gâtés par tous nos amis restés dans la neige. Merci encore.

 

Le froid, et bien figurez-vous que nous en avons souffert et pas seulement dans le désert. Nous nous sommes parfois levés avec 6° à l’intérieur du camion : gla gla !! On attend alors avec impatience les premiers rayons de soleil qui commenceront à réchauffer le camion, et encore enveloppés dans nos couvertures nous mettons l’eau du thé à bouillir pour gagner quelques degrés.

Comme il fait froid et que notre maison roule, nous mettons cap au sud pour aller retrouver un peu de chaleur et ranger les polaires !

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