Nous
faisons route vers Pondichéry et quelques kilomètres après
Bangalore, nous retrouvons l’Inde rurale et profonde. Nous sommes
sur l’autoroute (une vraie 4 voies !) et croyant être pris d’une
hallucination, nous doublons une dizaine de sadhus entièrement nus…
Effectivement, pour certains de ces ascètes, renoncer aux biens
matériels inclus de ne plus porter de vêtements. L’Inde n’en finira
jamais de nous surprendre !
Pondichéry, pour
beaucoup, évoque un petit coin de France en Inde. C’est le cas, et
dès l’entrée dans la ville la police porte le képi, le bord de mer
fait penser au remblai de la Baule
et le nom des rues nous rappellent que les Français ont bien occupé
l’endroit jusqu’en 1956. Mais la ville, aussi jolie soit-elle, ne
nous a pas retenus très longtemps, nous sommes surtout venus dans la
région pour découvrir Auroville.
Là-bas, nous
installons Topette dans la forêt, à quelques pas de la mer et au
milieu des moustiques ! Pourtant bien installés, avec les commodités
d’une cuisine commune et réveillés par le chant des oiseaux, nous ne
sommes pas très à l’aise d’être ici en tant que « touristes » et ça
n’a rien d’étonnant car Auroville n’est pas un endroit touristique.
Nous allons comprendre que pour découvrir Auroville et l’apprécier,
il faut du temps.
Nous
sommes rejoints par Anne, Gaëtan, Elena (7 ans) et Gaël (10 ans),
encore des nantais passionnés de voyage qui ne sont pas à leur
premier essai de voyage au long cours, celui-ci est de 12 mois
(http://alairlibre.over-blog.com). Nous nous étions rencontrés 2
fois lors d’un festival de voyageurs à Paris (festival ABM,
www.abm.fr) et nous nous étions dit
que peut-être nos routes se croiseraient …
Nous
nous sommes aperçus à Goa puis maintenant retrouvés à Auroville,
merci internet. Pendant que les enfants s’offrent de bonnes parties
de rigolades, nous nous préparons, nous parents, une petite soirée
bien franchouillarde, baguette, camembert d’Auroville et la dernière
bouteille de rouge de Gaëtan et Anne, un délicieux Pécharmant. Un
régal ! Il n’y a bien que les Français pour comprendre ça !
Nous
voilà à Auroville depuis une semaine et nous sommes chaque jour un
peu plus séduits. Venus ici avec l’envie de comprendre le
fonctionnement de cette communauté, nous avons quelques adresses d’Aurovilliens
et c’est ainsi que nous arrivons chez Gilles et Sandrine. Ils se
montrent d’une grande disponibilité et nous pouvons, grâce à eux,
obtenir plein de réponses à nos questions et mieux palper l’esprit
de cette communauté. Nous constatons que la
responsabilité individuelle, la liberté et l'épanouissement, la
solidarité sont des valeurs fondamentales et c’est peut-être pour
cela que ça dure depuis 35 ans…
Créé en 1968 par
une Française, cet endroit bien particulier regroupe 2000
personnes de 35 nationalités différentes dont 50% d'Indiens et 25%
de Français.
Les Aurovilliens font l'expérience de
bâtir une société sur les fondements suivants :
- développement durable et écologie
- recherche progressive d'une économie sans argent et sans hiérarchie
- programme d'éducation alternative
- spiritualité basée sur le Yoga de Sri Aurobindo sans religion
particulière.
Pour ceux qui
voudraient en savoir plus : (www.auroville.org)
.
Après 10 jours
à Auroville, nous nous sentons maintenant parfaitement bien et nous
resterions bien plus longtemps mais la remontée vers le Népal nous
attend …