Nous sommes
tout d'abord rentrés en Slovénie sous un temps gris, la rupture avec
l'Italie fut flagrante. Topette
qui se faisait doubler sur les bandes blanches en Italie se retrouve
tout à coup
presque seul sur la route. Dans les villages, même à 16 heures, pas
âme qui vive, c'est triste ! C'est un sentiment bizarre qui nous
habite pour une entrée en Europe de l'est. On ne peut oublier cette
récente guerre de l'ex-Yougoslavie. Nous aurions pu choisir
l'autoroute pour faire les 40 kms rejoignant la Croatie mais allez
savoir pourquoi (probablement notre envie de sortir des sentiers
battus) , nous décidons d'entrer par les montagnes Croates au nord
de l'Istrie loin des
routes touristiques.
Pari gagné, nous
quittons Obrov pour rejoindre Vodice où notre carte indique un poste
frontière. C'est une route gravillonnée de 15 kms qui se présente à
nous et nous cherchons toujours la frontière ! Nous ne rencontrons
personne sur la route excepté un brave monsieur installé à couper du
bois au milieu de la piste en pleine forêt. La vue d'un véhicule
le surprend visiblement et il déplace volontiers son tracteur.
Nos connaissances en croate étant encore très limitées, nous nous
contentons d'un regard sympathique et d'un petit ciao.
Nous avons passé
une bonne partie de la journée à rouler, les enfants
commencent à être un peu barbouillés et nous supplient de faire une
pause. Celle-ci se fera à Brest (salut les Bretons de la Présipauté!)
au milieu de paysages vallonnés magnifiques avec des forêts à perte
de vue. Nous faisons une escale dîner/gazole à Buzet (là aussi il y
a du vin, salut Jean-Luc) mais il pleut toujours, il fait froid et
la ville nous donne le cafard. Après, Brest, Buzet, nous nous disons
qu'il faut peut-être aller vers des endroits aux consonances moins
françaises et nous décidons de rouler de nuit vers la côte. Après un
dîner frugal que nous plaçons sous le signe de l'arnaque, au moment
de repartir Topette nous fait son premier caprice et décide qu'il
n'y aura plus de phares. L'interrupteur a rendu l'âme. Avant de
faire un triple pontage électrique avec un fil de récupération, je
vérifie si je n'ai pas apporté l'interrupteur trouvé dans le cendrier au moment de
l'achat de Topette. Magique, il est là, il fonctionne, c'est reparti
et roule Topette.
Cette entrée en
Croatie nous laisse un sentiment étrange, ce fut une journée triste
et pas marrante.
Depuis, nous avons
découvert le charme et la beauté de la Croatie. Bien que très touristique,
l'Istrie a su préserver sa
nature et son littoral. Nous pourrions
nous croire dans le golfe du Morbihan avec la limpidité de l'eau des
Caraïbes.
Nous bivouaquons
depuis plusieurs jours sur la presqu'île de Prementura où la nature,
les couchers de soleil et les bateaux dans les criques font de nous
une famille heureuse. Jade et Titouan s'adaptent parfaitement
à leur nouvel environnement, ils s'inventent des jeux simples,
maison imaginaire sur les rochers, arc à partir d'un bâton,
construction d'une rivière avec de l'eau de mer...
Nous sommes seuls,
nous profitons de la mer, nous recherchons encore la technique pour
motiver les enfants à faire un peu d'école le matin ! L'air est un
peu frais (20°C à 20 heures), nous ne restons pas longtemps sous la
douche, facile de s'adapter aux restrictions d'eau dans ces
conditions !
Isolés sur notre
presqu'île, nous n'avons pas encore eu l'occasion de rencontrer
beaucoup de Croates, mais les quelques commerçants avec qui nous
avons échangé un peu plus longuement nous laissent un agréable
sentiment de gentillesse et dévouement.