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Carnet de route

Pakistan - Juillet 2006 - Kalashs : les "infidèles" de type européen

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Il demeure au Pakistan, à quelques kilomètres de l’Afghanistan, dans les montagnes de l’Indukush, 3 vallées avec une culture et une religion bien loin de l’islam, les vallées Kalash.

La tentation de visiter ces vallées reculées est aussi grande que le risque de nous y rendre avec Topette. Plus de 200 km de piste difficile, une dure épreuve pour notre maison roulante. La magie du voyage, synonyme de rencontres, opère et nous croisons Émilie et Jean-François, un couple de Lillois sympas en route pour un tour du monde en 4x4 (http://uneplaceausoleil.blogs-de-voyage.fr). Partant vers ces régions, ils nous proposent de nous y emmener, qu’à cela ne tienne, nous ferons le retour en jeep locale. Dans ce pays où la barbe et le voile sont légion, il est stupéfiant d’arriver dans des vallées où les femmes sont assises devant les maisons à discuter. Les enfants, de teint clair, sont parfois châtains aux yeux bleus. Seul le traditionnel shalwar kameez des hommes (longue tunique sur un pantalon bouffant) nous rappellent que nous sommes au Pakistan.

Animistes, les Kalashs ont une culture totalement différente du reste du pays et sont les seuls à résister à l’islam dans ces régions reculées. Peuplées par des tribus de type européen qui seraient arrivées lors des croisades d’Alexandre Legrand, les trois vallées de Bumboret, Birir et Rumbur abritent encore environ 1000 Kalashs.

C’est dans le paisible village de Balanguru que nous découvrons leur mode de vie encore très traditionnel. Les femmes et les petites filles, dès l'âge de 3 ans, portent toutes fièrement la kupa, large coiffe tissée de perles et de cories (petit coquillage de porcelaine). Par leur costume vestimentaire, elles demeurent le symbole visible de la tradition.

Leur nourriture est très basique, il ne faut pas venir ici pour un séjour gastronomique ! Il y a quand même une petite note de couleur sur la table : du vin, en terre musulmane ! Il sert à réchauffer les intérieurs pendant les longs hivers où la famille reste regroupée autour du feu. Évidemment, on l’a goûté ce p’tit pinard ! Et bien les amis, on préfère notre palette Française !

Le torrent, dans cette vallée encaissée, est un excellent moyen de transport pour les énormes billes de bois portées par le courant. Elles rejoindront la rivière Chitral, puis l’Indus pour être chargées dans des camions et transportées dans tout le Pakistan. Jade et Titouan s‘amusent à regarder les embouteillages dans les passages étroits.

Ici, les femmes partent  tous les mois dans les bashalis. Ces maisons des règles et de l’accouchement leur permettent de se reposer pendant cette période où elles sont considérées « impures ». Elles n’ont même pas accès à la cuisine, les repas leur sont préparés et apportés à demeure. Elles en profitent pour broder et discuter entre elles, une sorte de congé payé tous les mois !!!

Malgré la quiétude des lieux, il ne fait cependant aucun doute que la disparition des Kalashs aura lieu, les mollahs s’occupent ardemment de leur conversion à l’islam. Ils considèrent le Kalash comme un kafir qui, selon le Coran,  est un païen infidèle. Heureusement, la majorité des Kalashs résistent fièrement, mais encore combien de temps ?

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