Il demeure au Pakistan, à quelques kilomètres de l’Afghanistan, dans
les montagnes de l’Indukush, 3 vallées avec une culture et une
religion bien loin de l’islam, les vallées Kalash.
La
tentation de visiter ces vallées reculées est aussi grande que le
risque de nous y rendre avec Topette. Plus de 200 km de piste
difficile, une dure épreuve pour notre maison roulante. La magie du
voyage, synonyme de rencontres, opère et nous croisons Émilie et
Jean-François, un couple de Lillois sympas en route pour un tour du
monde en 4x4 (http://uneplaceausoleil.blogs-de-voyage.fr).
Partant
vers ces régions, ils nous proposent de nous y emmener, qu’à cela ne
tienne, nous ferons le retour en jeep locale.
Dans ce pays où la barbe et le voile
sont légion, il est stupéfiant d’arriver dans des vallées où les
femmes sont assises devant les maisons à discuter. Les enfants, de
teint clair, sont parfois châtains aux yeux bleus. Seul le
traditionnel shalwar kameez des hommes (longue tunique sur un
pantalon bouffant) nous rappellent que nous sommes au Pakistan.
Animistes,
les Kalashs ont une culture totalement différente du reste du pays
et sont les seuls à résister à l’islam dans ces régions reculées.
Peuplées par des tribus de type européen qui seraient arrivées lors
des croisades d’Alexandre Legrand, les trois vallées de Bumboret,
Birir et Rumbur abritent encore environ 1000 Kalashs.
C’est dans le paisible village de
Balanguru que nous découvrons leur mode de vie encore très
traditionnel.
Les
femmes et les petites filles, dès l'âge de 3 ans, portent toutes
fièrement la kupa, large coiffe tissée de perles et de cories (petit
coquillage de porcelaine). Par leur costume vestimentaire, elles
demeurent le symbole visible de la tradition.
Leur nourriture est très basique, il
ne faut pas venir ici pour un séjour gastronomique ! Il y a quand
même une petite note de couleur sur la table : du vin, en terre
musulmane ! Il sert à réchauffer les intérieurs pendant les longs
hivers où la famille reste regroupée autour du feu. Évidemment, on
l’a goûté ce p’tit pinard ! Et bien les amis, on préfère notre
palette Française !
Le torrent, dans cette vallée encaissée, est un excellent moyen de
transport pour les énormes billes de bois portées par le courant.
Elles rejoindront la rivière Chitral, puis l’Indus pour être
chargées dans des camions et transportées dans tout le Pakistan.
Jade et Titouan s‘amusent à regarder les embouteillages dans les
passages étroits.
Ici,
les femmes partent tous les mois dans les bashalis. Ces maisons des
règles et de l’accouchement leur permettent de se reposer pendant
cette période où elles sont considérées « impures ». Elles n’ont
même pas accès à la cuisine, les repas leur sont préparés et
apportés à demeure. Elles en profitent pour broder et discuter entre
elles, une sorte de congé payé tous les mois !!!
Malgré la quiétude des lieux, il ne fait cependant
aucun doute que la disparition des Kalashs aura lieu, les mollahs
s’occupent ardemment de leur conversion à l’islam. Ils considèrent
le Kalash comme un kafir qui, selon le Coran, est un païen
infidèle. Heureusement, la majorité des Kalashs résistent fièrement,
mais encore combien de temps ?