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Carnet de route

Pakistan - Juillet 2006 - Hunza : la bienheureuse du Pakistan

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La vallée de Hunza constitue pour nous le centre d’intérêt de la KKH tellement tout y est différent du reste du Pakistan, paraît-il. A cet endroit, à 150 km de la Chine, les plus hauts sommets dominent la route avec au pied la rivière Hunza qui parfois s’engouffre entre les rochers avec un débit à faire pâlir les meilleurs kayakistes. Les glaciers et les sommets enneigés tissent notre toile de fond lorsque Topette monte péniblement les cols en crachant une fumée noire due à l’altitude.

On se demande comment les autochtones, les Hunzakuts, ont bien pu survivre et créer leur mode de vie tellement le relief et l’aridité des montagnes sont inhospitaliers. L’eau ne manque pas et un ingénieux système d’irrigation a permis de cultiver des parcelles de terre délimitées par des murets de pierres tout droit écroulées des sommets. Les pentes sont tellement abruptes que Hunza est aussi connue sous le nom de la vallée aux jardins suspendus. Les champs de blé, de pomme de terre et les arbres fruitiers sont ombragés par des peupliers et des saules pleureurs, on se croirait presque dans notre marais poitevin (relief mis à part bien sûr)! Parmi les fruits, l’abricot constitue l’or orange de la région. Par chance, nous arrivons pendant la récolte et nous nous posons au Rakaposhi camping : un petit paradis. Un terrain ombragé par une multitude d’abricotiers bien garnis et une vue somptueuse sur le Rakaposhi qui pointe à 7788 m couvert de neige éternelle. Aussitôt arrivés, les enfants grimpent sur le toit de Topette pour commencer la cueillette puis l’orgie commence… Et comme nous avons appris qu’ici, rien ne se perd, les enfants éclatent les noyaux pour en extraire l’amande, un régal. Hummm, j’en vois déjà qui salivent…

Au cœur de cette vallée, un système social totalement différent du reste du Pakistan est en place : l’islam ismaélite en est à l’origine. L’ouverture, la tolérance, l’hospitalité et l’éducation sont les maîtres mots. Le prince Aga Khan, leur chef spirituel, qui vit entre Paris et Lausanne, finance une quantité importante de programmes de santé, d’éducation et d’agriculture. Il a précisé à de maintes reprises que l’éducation était prioritaire pour les femmes. Si une famille ne peut pas envoyer tout ses enfants à l’école, il faut privilégier les filles, les hommes pourront toujours du travail plus facilement.

Dans cette vallée, nombreuses sont les femmes qui ne portent pas le voile. Les plus âgées portent le chapeau traditionnel sur deux longues tresses qui leur donnent un air de jeune fille. Certaines nous donnent des poignées de main à côté de leurs maris, sans barbes, ce qui paraît inconcevable dans le reste du Pakistan, à l’exception des grandes villes. En dehors de Hunza, les femmes sont totalement absentes de la société, en traversant les villages, nous jouons d’ailleurs au « premier qui voit une femme » ! Il n’y a pas souvent de gagnant …

Pour nous, ce séjour dans la vallée de Hunza est également  l’occasion de belles randonnées. A la recherche de sculptures bouddhiques gravées dans la montagne, nous goûtons à l’hospitalité légendaire de la région. En demandant notre route, nous nous retrouvons rapidement assis dans une maison où le professeur du village nous rejoint pour faire l’interprète en dégustant le thé, les biscuits et tous les fruits du jardin. Encore une belle leçon de vie !

Une semaine plus tard, à Passu, après 4 heures de marche, nous arrivons à un magnifique lac d’altitude tout bleu où après un riz accompagné d’un curry de légumes, nous plongeons tout droit dans l’eau translucide. Isabelle ne fait que nous regarder, eh oui c’est une femme, il ne faut tout de même pas trop provoquer. Dans ces pays il faut avoir le sens du sacrifice !

Le lendemain, accompagné d’un guide, nous marchons vers le glacier de Passu pour le plus grand bonheur des enfants. La grande question de Jade est : « le blanc que nous voyons là-haut , c’est de la glace ou de la neige toute molle ? ». Malheureusement, la glace a rendu impossible toute bataille de boules de neige. Après 4 heures de marche et un retour difficile sur des pentes abruptes et glissantes, Jade finit exténuée sur le dos du guide pendant que Titouan termine avec l’envie d’escalader les montagnes de glace.

Notre séjour dans cette belle vallée s’achève, il ne fait aucun doute que les Hunzakuts vivent de façon beaucoup plus paisible et harmonieuse que partout ailleurs au Pakistan ; à part peut-être chez les Kalashs.

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